Aimé Berle et Éléonore Gilly


Quatre rivières.
La plus grande, la Durance, naît dans les Hautes Alpes. Elle coupe le département des Alpes de Haute Provence en deux zones en lien, pour la première, avec mon grand-père paternel et la seconde, ma grand-mère paternelle :
– la Montagne de Lure et le pays de Banon, à l’ouest,
– le plateau de Valensole et les gorges du Verdon, à l’est.
Le Verdon sépare les Alpes de Haute Provence et le Haut Var où j’ai également quelques racines également du côté de mon grand-père paternel.
Le Coulon, qui débute sous le nom de Calavon à Banon, rencontre la Durance à Cavaillon dans le Vaucluse et, juste avant, passe par Robion (là où la descendance de Mathieu Montauban a rencontré celle d’Éléonore Datchy).
Et une rivière dont je viens de découvrir l’existence et qui a son importance aussi, le Colostre, dans les Alpes de Haute Provence, qui prend sa source vers Saint-Jurs et se jette dans le Verdon vers Gréoux-les-Bains.
Tous ces lieux ont un rapport direct avec un de mes ancêtres.

Ici, je vais parler des parents du grand-père paternel de ma grand-mère maternelle (ce qui donne Sosa 20 pour celui-ci). Nous sommes entre le plateau de Valensole et les gorges du Verdon. Les villages, ou petites villes, sont de l’est vers l’ouest, en suivant le Colostre cité plus haut : Saint-Jurs, Puimoisson, Roumoules, Riez, Allemagne-en-Provence,…

Les Alpes de Haute Provence ont perdu la moitié de leurs habitants au cours du 19ème siècle. Je ne sais pas si c’est principalement par migrations de ces personnes vers le Var, le Vaucluse ou les Bouches-du-Rhône (là, je parle de ma famille) ou à cause d’un taux de mortalité impressionnant. Et le département a été victime de déboisement anarchique, d’inondations – le Colostre, le Verdon ou la Durance sont des rivières « capricieuses », lits à sec, crues… Il s’en est fallu de peu que l’histoire s’arrête là.

L’excès annuel des décès sur les naissances est cause de la diminution sensible qu’a éprouvé la population depuis le dénombrement de 1856.

Note à la fin du recensement de Roumoules en 1861

Jacques Amédée, dit Aimé, Berle Sosa 40 est né le 31 mars 1808 à Allemagne-en-Provence. Magdeleine Éléonore Gilly Sosa 41 est née le 1er janvier 1813 à Saint-Jurs, une vingtaine de kilomètre plus haut en remontant le Colostre en direction de sa source.

Aimé et Éléonore se sont mariés le 24 octobre 1832 à Roumoules où Éléonore habite avec sa mère, Anne Bassac Sosa 83 veuve de Jean-Louis Gilly Sosa 82. Jean-Louis est décédé à l’âge de 28 ans. Éléonore Gilly est fille unique et sa mère ne s’est jamais remariée. Aimé est ménager comme son père, Valentin Berle Sosa 80, ce qui implique qu’ils ont dû être de petits propriétaires terriens pouvant cultiver de quoi nourrir leur famille.

Les jeunes époux habitent à Allemagne-en-Provence en 1836. Le 19 mai 1834, un an et demi après leur mariage, ils ont un fils prénommé Joseph Louis Laugier. Malheureusement, décédé avant 1836. Cette année, seule une petite Suzanne de 4 mois vit avec eux. Magdeleine Thérèse Suzanne est née le 6 décembre 1835. Un dernier enfant naît à Allemagne-en-Provence, Joseph Louis, le 14 mai 1838.

Puis la famille déménage plus au sud sur le cours du Verdon, dans la petite ville de Quinson, à la limite du Var, connue pour le site préhistorique de la Baume Bonne et le musée de la préhistoire. Aimé y rejoint un de ses frères, François, de trois ans son ainé. En 1841, ils sont voisins et habitent dans le village. François, dit Joseph, et son épouse Marie Leydet ont une fille Nathalie. La famille Berle-Gilly s’est agrandie d’un fils, Augustin Marius, né le 25 mars 1841.

Le 15 octobre 1844, naissent des jumeaux, une fille et un garçon. Mais Noémie Thérèse Marie meurt à l’âge de 9 mois et son jumeau, Justinien Alexandre, à 2 ans. En 1846, Aimé et Éléonore habitent à Quinson avec Suzanne qui a 11 ans, Louis, 8 ans, Augustin, 5 ans et Justinien.

Le 1er décembre 1847 nait Jules Frédéric Berle Sosa 20 (le grand-père paternel de ma grand-mère paternelle).

La deuxième république

Le 24 février 1848, le roi Louis-Philippe abdique. La seconde république naît : abolition de la peine de mort pour raisons politiques, suffrage semi-universel (ben oui, il y manque la moitié de l’humanité), liberté de la presse, d’association, de réunion, abolition de l’esclavage… Le 10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte est le premier président élu au suffrage (semi) universel. Les idées républicaines ont un grand impact dans le département et le Var voisin (voir association 1851) bien que je n’ai aucun indice sur la position de mes ancêtres (républicains, royalistes ou « seulement » préoccupés de la vie au jour le jour ?). En mai 1849, la nouvelle assemblée élue est à majorité « parti de l’Ordre » (royaliste), elle met un terme à beaucoup des nouvelles libertés. Les basalpins auraient eux donné la majorité à la Montagne (républicains socialistes démocrates).

Pendant que la seconde république s’installe pour quelque temps, la simple vie, et surtout la mort, continuent leur œuvre à Quinson. Le 2 novembre 1850, naît Honorine Augustine, qui mourra à 8 mois. En 1851, la famille Berle-Gilly habite au village de Quinson dans la « rue autour du four » avec cinq enfants : Suzanne, Louis, Augustin, Frédéric et Honorine. Tandis que « rue du cul de sac de la Carces », habitent (François) Joseph dit Peluche Berle, sa femme Marie Leydet et leur fille Nathalie, 19 ans. François Berle décède le 22 octobre 1851, à l’âge de 46 ans, 4 mois après le mariage de Nathalie.

Le 2 décembre 1851, coup d’état, Louis Napoléon Bonaparte dissout l’assemblée alors que la constitution ne lui en donnait pas le droit. Insurrection républicaine du 5 au 10 décembre dans les Alpes de Haute Provence et dans le Var. La préfecture de Digne est restée républicaine quelques jours. Mais les républicains, isolés, se rendent. Répression militaire. Second empire, le 2 décembre 1852, Napoléon III.

Le second empire a deux semaines et Aimé décède le 19 décembre 1852 à l’âge de 44 ans. Il laisse Éléonore avec une fille Suzanne et trois garçons dont le plus jeune, Frédéric, a 5 ans. Suzanne épouse, le 1er avril 1856, André Chabran. Elle va mourir le 26 décembre 1857 à l’âge de 22 ans.

En 1856, Éléonore Gilly vit dans le village, à Quinson, avec Frédéric. Il va sur ses 10 ans. Elle est sans profession. Elle décède le 1er février 1858 à 44 ans dans son habitation, dans le village de Quinson, dans une rue devenue « cours Napoléon ». Joseph Louis est entré le 9 juin 1859 à l’hospice de Riez où il décède à 21 ans le 13 aout.

Jules Frédéric Berle a 14 ans. En 1861, il est domestique chez son grand-oncle maternel Pierre Pascal Bassac à Roumoules. A son tour, Augustin Marius est entré à l’hospice de Riez le 24 avril 1862 et il y décède, le 14 juin, à 21 ans. La suite de l’histoire repose uniquement sur Frédéric maintenant…

Indigente secourue par la charité publique

Indication en marge du recensement de 1866 à Roumoules de Anne Bassac, la grand-mère de Frédéric. Elle a 75 ans.

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